Les Troubles Musculosquelettiques (TMS) : Comprendre, identifier et agir efficacement en entreprise
Les troubles musculosquelettiques, communément appelés TMS, constituent aujourd'hui une préoccupation majeure pour le monde du travail. Loin d'être une fatalité, ces affections touchent l'ensemble des secteurs d'activité et concernent tous les salariés, indépendamment de leur âge ou de leur genre. Pour les entreprises, la compréhension des mécanismes des TMS et la mise en place d'actions préventives représentent un levier essentiel pour améliorer les conditions de travail et préserver la santé des collaborateurs.
En s'appuyant strictement sur les données et analyses publiées par l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), cet article dresse un état des lieux complet de la situation : définition, répartition des pathologies, facteurs déclencheurs et pistes d'action concrètes.
Qu'est-ce que les TMS et quel est leur impact ?
Les troubles musculosquelettiques se définissent comme des atteintes physiques qui peuvent affecter différentes structures de l'organisme, à savoir les muscles, les tendons, les nerfs, les ligaments ainsi que les vaisseaux sanguins. Ces pathologies représentent une part prépondérante des risques professionnels, puisqu'elles sont à l'origine de plus de 4 maladies professionnelles reconnues sur 5.
Sur le plan corporel, les TMS se manifestent principalement au niveau des articulations des membres supérieurs (l'épaule, le poignet et le coude), mais peuvent également toucher le cou, le bas du dos et les membres inférieurs, tels que le genou ou la cheville. Les symptômes précoces se caractérisent généralement par :
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Une gêne légère ou des douleurs plus ou moins importantes lors des mouvements;
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Une sensation de fatigue;
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Une perte de force, de souplesse ou de dextérité;
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Des engourdissements ou des picotements.
Si ces signes ne sont pas pris en compte, les conséquences pour le salarié peuvent s'aggraver, entraînant des difficultés croissantes à réaliser son travail, des arrêts de travail, voire un handicap temporaire ou durable.
Répartition des TMS reconnus en maladie professionnelle
Les données de l'année 2023 mettent en évidence une répartition précise des TMS reconnus en maladie professionnelle selon les zones corporelles:
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L'épaule (37 %) : Principalement sous la forme d'épaule douloureuse ou de tendinopathie de la coiffe des rotateurs.
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La main, le poignet et le doigt (31 %) : Représentés notamment par le syndrome du canal carpien et les tendinites.
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Le coude (23 %) : Traduit par l'épicondylite ou l'arthrose du coude.
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Le dos (7 %) : Se manifestant de manière fréquente par des hernies discales. Par ailleurs, l’INRS rappelle qu'un accident du travail sur cinq est directement lié à une lombalgie.
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Le genou (2 %) : Incluant les lésions chroniques du ménisque ou l'hygroma du genou.
Comment les TMS apparaissent-ils ? Une combinaison de facteurs
Les troubles musculosquelettiques sont directement provoqués ou aggravés par l'activité professionnelle. Leur apparition résulte de la combinaison de trois grandes familles de contraintes liées aux conditions et à l'organisation du travail:
1. Les contraintes physiques
Ces facteurs matériels et environnementaux abîment directement les articulations, les muscles, les tendons du dos et des membres. Ils comprennent la répétition des mêmes gestes, le port de charges lourdes, le travail statique prolongé, ainsi que les postures contraignantes (comme le travail accroupi, penché ou les bras en l'air). L'exposition prolongée aux vibrations (liée à la conduite d'engins ou à l'utilisation d'outils vibrants) et le travail au froid constituent également des facteurs aggravants.
2. Les contraintes psychosociales
L'environnement psychologique et relationnel joue un rôle majeur dans l'accentuation du stress et le renforcement des risques. Parmi ces contraintes, on retrouve de mauvaises relations de travail, un défaut d'entraide entre collègues, un manque de reconnaissance ou de sens accordé aux missions, des tâches dépourvues d'intérêt, une complexité excessive du travail, des exigences émotionnelles importantes ou encore l'incertitude quant à l'avenir professionnel.
3. Les contraintes liées à l'organisation du travail
Une mauvaise structure organisationnelle empêche le corps de bénéficier d'une récupération suffisante. Des délais trop courts, l'absence d'autonomie, l'impossibilité de choisir sa façon de faire, le manque de pauses ou le manque de moyens pour bien accomplir sa tâche sont autant d'éléments qui accroissent les contraintes physiques et psychosociales.
L'impact de ces différentes expositions varie selon les individus et les périodes de la vie, en fonction de paramètres tels que l'âge, l'état de santé général, l'expérience acquise et le contexte immédiat de travail (comme l'affectation à un nouveau poste, le retour de congés ou après un arrêt maladie).
Des solutions concrètes pour réduire les risques
Pour briser la trajectoire des TMS, des solutions applicables existent à tous les niveaux de l'entreprise. L'INRS préconise d'agir simultanément sur trois axes complémentaires:
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Les solutions techniques : Elles passent par l'aménagement du poste et de l'espace de travail afin de réduire directement l'impact des contraintes physiques. Il est essentiel d'impliquer les salariés concernés lors du choix des nouveaux outils et équipements.
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Les solutions organisationnelles : Cet axe vise à diversifier les tâches pour éviter la répétitivité, à favoriser les possibilités d'entraide, à planifier des pauses de récupération, à clarifier les objectifs professionnels en évitant les injonctions contradictoires, et à anticiper les aléas liés à la production.
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La sensibilisation et la formation : Déployer des actions régulières d'information sur le risque, assurer la transmission des savoir-faire et soigner l'accueil des nouveaux embauchés s'avèrent indispensables.
Dans ce cadre, la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) s'impose comme un outil performant. Intégrée à une démarche globale, elle contribue à faire baisser les accidents du travail et les maladies professionnelles tout en améliorant les conditions de travail. Elle permet aux collaborateurs de développer des compétences clés pour connaître les risques spécifiques de leurs métiers, observer et analyser leurs propres situations de travail, et devenir ainsi force de propositions d'amélioration.
L'importance de la communication : savoir donner l'alerte
Face aux TMS, le salarié ne doit pas rester isolé : il doit être un acteur à part entière de sa propre prévention. L'INRS insiste sur la nécessité de parler des difficultés dès l'apparition des premiers signes cliniques. Plusieurs interlocuteurs internes et externes peuvent être sollicités:
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L'encadrement et l'employeur : Le responsable ou le directeur doit être informé, l'employeur étant légalement responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés au travail.
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Les représentants du personnel : Lorsqu'ils sont présents dans la structure, les représentants de proximité, les élus au Comité Social et Économique (CSE) ou les membres de la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) constituent des relais privilégiés.
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Les préventeurs internes : Les chargés de prévention désignés au sein de l'entreprise.
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Les professionnels de santé : Il est recommandé de consulter son médecin traitant dès les premiers symptômes afin de faire le lien avec l'activité professionnelle, et de solliciter activement une visite auprès du médecin du travail.
En libérant la parole et en investissant dans des dispositifs de formation et d'aménagement technique, les entreprises disposent de toutes les cartes pour enrayer durablement le risque de troubles musculosquelettiques.
Dirigeants, RH, Managers : transformez vos salariés en acteurs de leur prévention
La prévention des TMS n’est pas qu’une affaire de conformité réglementaire, c’est un enjeu direct de performance, de réduction de l'absentéisme et d'amélioration du climat social. Pour réduire durablement ces risques, donner les bons outils et la bonne méthodologie d'analyse à vos équipes est la solution la plus efficace.
Vous souhaitez engager votre entreprise dans une démarche concrète face aux risques liés à l'activité physique ?
Notre organisme de formation spécialisé en Santé et Sécurité au Travail vous accompagne. Grâce à nos formations PRAP (IBC), nous transmettons à vos collaborateurs les compétences nécessaires pour analyser leurs situations de travail et devenir forces de proposition pour amener des pistes d’amélioration.

